Le cap des 30 ans : Ma remise en question

Le cap des 30 ans ça te parle ? Cet âge où tu es obligée d'assumer que tu es une adulte. Un bon moment pour faire le bilan et se fixer de nouveaux objectifs. Notre anonyme se livre sur cette période avec authenticité et franchise. Bonne lecture.


Idéaliser la trentaine


Ça peut paraître étrange, mais j’ai toujours bien vécu le fait de vieillir. J’ai beaucoup idéalisé la période entre 30 et 40 ans. Je me voyais : plus mature, plus sereine, je me connaîtrais mieux.

Je me voyais en girl boss, confiante et épanouie, menant vie familiale et professionnelle de front, entourée d’un mari aimant et attentionné et avec déjà 2 enfants. Tout ce qui, selon moi, me rendrait heureuse.

Résultat : J’ai aujourd’hui 31 ans, un emploi que je n’aime pas vraiment (mais dans une bonne boîte), un partenaire de vie qui me correspond et ... c’est tout en fait. 

Je n’ai jamais voulu être propriétaire, ni même sédentaire jusqu’à ce que je le rencontre il y’a quelques années. Il travaillait déjà depuis toujours et moi je me cherchais encore, alternant voyages, chômage et jobs alimentaires. 

Aujourd’hui, j’ai 31 ans et je me demande ce que j’ai raté et comment redresser le tir. 

Selon moi, pour avoir ce qui me faisait envie pour ma vie d’adulte, il faut faire un minimum de plans de vie et de carrière. Une partie de mon problème vient de là.

● J’ai fait un master qui ne débouche sur pratiquement rien,  dans un domaine complètement bouché et qui ne fonctionne que par piston. 

Pourquoi nous propose-t-on autant de filières qui ne permettent pas de pouvoir travailler ? Pourquoi on nous dit de continuer en général puis à la fac comme si les études faisaient tout ? Si j’avais 16 ans aujourd’hui, je ferais une filière "professionnalisante" sûrement en alternance. Pour être dans le concret et déjà un pied en entreprise. 

● J’ai toujours eu du mal à m’engager mais je me voyais dans une vie stable. Pour avoir travaillé un peu là-dessus, il semblerait que je souffre d’insécurité liée à mon histoire de petite fille. 

Se fixer de nouveaux objectifs

J’ai aujourd’hui 31 ans et je cherche à redresser le tir. 

À mes 30 ans j’ai fait le bilan ( calmement!) et un plan d’action avec monsieur.  

Pour atteindre nos objectifs, lui devait changer de travail, pour être plus épanoui et gagner plus.

Moi, je décrocherais un CDI pour qu’on puisse demander un prêt pour devenir propriétaires. 

L’objectif : Avoir notre chez nous, et surtout ne plus payer aussi cher de loyer (à un proprio qui vit sa meilleure vie). 

La fameuse crise

Au même moment, je sens que je ne suis plus moi-même. Je suis incapable d’expliquer ce qui ne va pas, mais je suis très malheureuse et très colérique. Bon bien sûr, on a tous les soucis du quotidien, des désaccords dans le couple, un boss qui met la pression, l’entourage qui force avec le mariage et le bébé. (Je pense que vous avez compris que l’engagement me faisait peur). 

Je m’embrouille avec tout le monde, je ne supporte plus personne. Je m’isole peu à peu disant que le problème : c’est les autres. 

Je me sens couler. Je n’arrive plus à voir mes proches.  Je ne rentre chez moi que pour dormir, du coup on ne se voit plus et avant même que j’ai pu réfléchir à tout ça, je me retrouve à faire des crises d’angoisses : larmes, crises d'hystérie, gros (très gros) mal-être et surtout je ne ressens plus rien. Un vide si profond que quand je ne pleure pas, je ne ressens ni joie ni peine. Je suis neutre. 

Quelques jours plus tard, miss COVID passe par là. Annonce présidentielle et tout ça. Tout le monde est dans le mal-être, à ne pas vraiment savoir ce qui se passe et combien de temps ça va durer. Je me coupe au maximum de cette situation qui est intenable pour moi, et je finis chez mon médecin en pleurs, incapable d’aligner deux mots. Bref, j’ai été arrêtée 3 mois. 

J’ai décidé de découper cette période en 3 parties pour que ça me soit le plus possible bénéfique: 

1 mois où je lâche prise, où je ne pense à rien, où je m’autorise à pleurer, à évacuer. 

1 mois où je pense à moi, je prends du temps pour moi, pour me reconnecter à moi.

1 mois où je travaille sur ce qui s’est passé pour comprendre et éviter que ça ne recommence. 

Le bon côté

Le bonheur dans tout ça c’était d’être enfermée h24 avec mon binôme. Cet homme que j’aime tant et qui ne m’a pas jugé, qui a su me laisser et être là quand il le fallait. 

Et quand j’ai fini par annoncer ma dépression (il a fallu l’accepter, puis oser le dire aux proches), les langues se sont déliées.

Il semble que tout le monde passe par là au moins une fois dans sa vie et pour le coup beaucoup de gens de mon entourage traversent la même chose. Parfois différemment, mais le fond est le même. 

Alors pourquoi ?

Est-ce c’est parce qu’on est cette génération qui a le droit de changer de carrière tous les dix ans, de mec en un clic quand ça ne va plus, de refaire sa garde-robe tous les 4 matins si ça nous change ? 

Tout va trop vite ! Nos parents ne pensaient pas à tout ça à notre âge. Ils avaient déjà leur maison, leurs gosses et ne cherchaient pas forcément à savoir s’ils aimaient leur job. 

Alors pourquoi est-on si malheureux ? Est-ce parce qu’on a trop de choix justement ? C’est quand même dingue qu’on ait l’embarras du choix et que ça ne nous suffise pas.  

On m’a dit que j’étais simplement trop exigeante et que j’en voulais toujours plus. Mais est-ce que c’est vraiment ça ou est-ce que ma vie ne me contente simplement pas ? Est-ce que je ressentirais toujours la même chose en quittant mon job pour commencer une nouvelle aventure ? Et là qu’est-ce qui me manquera ? Le salaire ? La reconnaissance ? Et si je changeais de partenaire ? Je n’aurais plus ces soucis, mais sûrement d’autres ? Changer de ville, de pays ? Mais mes proches me manqueraient ! 

Alors je fais quoi ? Comment on deal avec ça ?

Conclusion

J’ai aujourd’hui 31 ans, j’ai pris du temps pour moi, j’ai lu, j’ai découvert que j’étais hypersensible, je me suis renseignée et je l’ai accepté.

Forcément, plein de choses deviennent beaucoup plus claires à présent ! Je me suis recentrée sur mes désirs profonds et j’ai beaucoup communiqué avec ma moitié. On a d’ailleurs pris la décision de déménager et on est en train de monter un petit business ensemble.


Anonyme.

Note de la Team (Chut !) Les femmes parlent : Si toi aussi tu vis ce genre de moments, parles-en à quelqu'un. Une amie, un psy, une ligne d'écoute… Ne garde pas tout en toi.

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