Devenir mère : une évidence pour certaines, un cheminement pour d’autres

Pour certaines, devenir maman est un rêve depuis toujours, une évidence, mais ce n’est pas le cas pour nous toutes. GD nous parle de son cheminement vers la maternité. Dis-nous en commentaire si tu te reconnais. Bonne lecture.


Contexte


Il y a maintenant 10 mois (déjà), j’ai donné naissance à un petit garçon devenu la prunelle de mes yeux et cette aventure est définitivement, j’en suis certaine, la plus riche de ma vie. Retour sur la 1ère étape vers la maternité : la préconception. J’étais en couple depuis 7 ans et mariée depuis presque 4 ans quand l’envie d’avoir un enfant m’est venue et que j’ai décidé de me lancer dans ce projet si banal, mais si fou à la fois à mes yeux. Pour mon mari, avoir des enfants était une évidence dès le mariage, mais pour moi c’était loin d’être le cas.


Un enfant ? Non merci !


Avoir un bébé n’était pas un rêve de petite fille pour moi. J’étais incapable de me projeter en tant que maman.

D’ailleurs, je n’étais pas du tout à l’aise avec les enfants, n’en ayant pas eu dans mon entourage à un âge où j’aurais pu m’y intéresser. C’était tellement loin de ma réalité que je ne me posais même pas de question sur la maternité, qui est pourtant un vaste sujet de questionnement…


Quelques temps après notre mariage, nous avons eu une discussion avec mon mari à ce sujet, car pour lui, c’était l’étape suivante évidente, mais nous n’étions pas en accord à ce moment-là. Je me souviens lui avoir dit « Un enfant ? Non jamais ! Enfin, je ne me vois absolument pas avoir un enfant, peut-être qu’un jour ça changera, mais là non, je ne suis pas du tout prête. » Brutal, mais sincère…


Pourquoi pas moi finalement ?


Puis, un jour, une amie d’enfance, que je considérais comme ma petite sœur, a eu un bébé. À l’annonce de sa grossesse je n’arrivais pas à réaliser tellement ça me paraissait fou, car moi-même je me sentais tellement loin d’être prête à cela. Dans ma tête, la question de devenir maman ne se posait même pas, car j’étais persuadée de ne pas être capable d’assumer ce rôle chargé de responsabilités. Puis je suis allée la voir à la maternité le lendemain de son accouchement, c’était bien réel, elle était là avec son bébé, elle a accouché sans péridurale, ma petite sœur que j’aimais protéger, que je voyais comme fragile. Mon regard a changé devant l’évidence.


Et une première remise en question : pourquoi je n’en serais pas capable finalement ?


2 ans plus tard, j’invite cette amie et son fils à venir passer quelques jours chez nous (nous habitons à quelques centaines de kilomètres l’une de l’autre). Durant ce séjour, j’ai vu l’investissement de mon mari avec le bébé de mon amie, à pousser la poussette, à le divertir… Je pense que je n’ai pas pu m’empêcher de me projeter. Puis j’ai vu le quotidien avec un bébé, ce que je ne connaissais pas, et finalement, ça ne me paraissait pas si insurmontable que dans mon imaginaire.


Entre temps, une autre amie, maman également, me parlait de la maternité en cassant tous mes préjugés négatifs (et il y en avait un paquet), ce qui m’a aidée à faire évoluer ma vision des choses également.


Un cheminement de ma pensée : de « enfant = sacrifice et contraintes », je suis passée à « enfant = amour ».


Quand tout s’aligne et se réalise


Dans ma tête, ça a fait son chemin, et l’envie de devenir maman est montée petit à petit au fil des mois. C’était le moment, nous avions un toit, étions tous les deux en CDI depuis quelques temps avec un travail qui nous convenait, il ne nous manquait plus qu’un bébé finalement, du moins nous le ressentions ainsi. Nous ne parlions de ce projet à personne pour ne pas avoir de pression ni de jugement, mais j’étais un peu du genre à essayer d’enquêter voir si mes copines voulaient des enfants, jusqu’au jour où ma meilleure amie m’a avoué qu’elle essayait depuis un certain temps et qu’elle allait demander une aide médicale… Surprise, coup de massue.


Nous nous sommes donc confiées sur ce projet commun et, à partir de ce jour, j’ai prié pour elle avant moi, je voulais qu’elle tombe enceinte avant moi, vraiment. Je ne voulais pas la blesser en réalisant son rêve avant elle, je ne supportais pas d’imaginer sa souffrance face à l’incertitude et l’attente. J’ai réalisé à ce moment-là qu’avoir un bébé n’est pas si simple, que beaucoup rencontrent des difficultés et j’ai arrêté de ruminer sur mon cas qui était tout à fait normal.


Entre la prise de décision et le test de grossesse positif, des mois sont passés, et plus ça avançait, plus la frustration s'installe, (tu sais, quand tu vois des femmes enceintes partout) jusqu’au moment où ma meilleure amie est tombée enceinte, quel bonheur !


Puis j’ai décidé de lâcher prise, d’accepter de ne pas contrôler la nature et d’être patiente, et ça a marché, 6 mois après ma meilleure amie, grâce à Dieu !



Ce que cette étape m’a appris

  • Dans la vie, rien n’est figé, ce qui semble impossible à l’instant T peut devenir une évidence ensuite, ou pas ;

  • Le manque de confiance en soi peut vraiment faire passer à côté d’expériences extraordinaires ;

  • La nature est incontrôlable, l’accepter et lâcher prise n’est pas évident dans notre société moderne où on veut tout tout de suite, mais la maternité fait partie des mystères que personne ne contrôle totalement, même le meilleur des médecins ;

  • La sororité est vraiment précieuse pour mieux vivre ces étapes de la vie si intenses.


Petit mot de la fin : menez votre vie comme bon vous semble… Vous voulez un enfant, c’est OK, vous n’en voulez pas, c’est OK aussi ! Vous avez le droit de changer d’avis, ou de ne pas changer d’avis, de douter, d’avoir peur… Mais soutenons-nous entre femmes, quels que soient nos choix.


Merci à GD pour sa confiance !


Toi aussi, tu veux témoigner d’une expérience qui t’a marquée ? Écris-nous à chut.lesfemmesparlent@gmail.com

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