Le syndrome de l'imposteur

« Et si je me lançais un nouveau défi ? Non mais n’importe quoi, je suis bien trop nulle pour réussir dans cette voie. » Tu la connais cette voix dans ta tête ? Notre auteure du jour nous parle du syndrome de l’imposteur, et de comment elle a réussi à le dépasser.


Mais t’es qui toi ?


J'ai toujours aimé écrire. Des romans, des articles, des sketchs, etc. Il y a quelques mois, à la recherche d'un nouveau projet, je caresse du bout des doigts une idée : créer un blog sur le féminisme. Quelque chose de léger, de drôle où j'y partagerais des anecdotes du quotidien dans lesquelles d'autres femmes se retrouveraient peut-être. Et comme au début de chaque projet, aux idées prometteuses se mêlent le doute.


Quelle légitimité ai-je à parler de féminisme ? Qu'est-ce que j'y connais vraiment, d'abord ? Et puis, qui ça peut bien intéresser ce que je raconte ? Il y a tellement de femmes qui font déjà ça très bien, je vais passer pour une amatrice à côté !

Résultat du match : Niveau de confiance en soi = 0, Niveau de syndrome de l'imposteuse = 1000

Le syndrome de l'imposteuse, un mal récurrent

Je parle du lancement de mon blog pour donner un exemple, mais je pense avoir toujours eu ce sentiment dans la vie, quoi que j'entreprenne en matière de projet, d'études ou de travail. Bien qu'ayant toujours été une sacrée bosseuse, je ne me suis jamais sentie tout à fait à ma place. Comme si chaque promotion, chaque diplôme m'avaient été attribués par négligence, par manque de temps, sans avoir bien examiné ce dont j'étais vraiment capable.

Il y a des gens dont le pire cauchemar est de se retrouver nus devant un amphithéâtre. Le mien serait sans doute qu'une personne éclate de rire en me pointant du doigt, s'exclamant à qui veut bien l'entendre : "Mais elle ne sait absolument pas de quoi elle parle en fait !" (sérieux j'espère que je ne ferai JAMAIS ce cauchemar).

Jusqu'au jour où, après une énième crise existentielle de manque de confiance en moi, mon copain me dit : "Tu sais que si on fait une moyenne dans le monde du travail, il y a très peu de gens qui ont le niveau de compétence que tu exiges de toi ? En vrai, il y a une proportion honteusement conséquente de personnes incompétentes, une part moyenne de gens qui font bien leur travail mais sans plus, et une infime quantité de personnes extrêmement compétentes et faisant figure d'autorité dans leur domaine ?"

Ah. Ah bah oui. Oui oh ça va hein, je le sais que tu as raison, ENCORE ! Mais donc, j'ai le droit de me tromper ? De dire des bêtises, de faire des erreurs, voire de passer pour une andouille ? Ok, ok, pas la peine de me faire les gros yeux !

Baisser son niveau d'exigence. Un tout petit peu. Mais si, tu en es capable !

Pourtant je le sais que c'est comme ça qu'on apprend. En faisant. En essayant, en se trompant. Mais je me mets tellement la pression, je me mets la barre tellement haut, même pour débuter dans un domaine, que j'ai souvent tendance à l'occulter, en bonne tête de mule que je suis.

Si je veux démarrer un blog, je vais regarder ce que les gens font depuis des années, pas à quoi ressemblait leur site durant leur première année. Et si tu me mettais au défi, j'arriverais sans doute à te dénicher des sites incroyables, alimentés depuis seulement quelques mois (juste pour avoir la fierté de te prouver que c'est vraiment moi qui suis nulle. Oui, je me lance des défis très constructifs dans la vie !).

Alors pour ne pas rester les bras ballants sur le bord du quai à regarder le train de la vie passer, j'essaie toujours d'aller avec le proverbe (ô combien connu) suivant :

"Done is better than perfect."

Autrement dit : Arrête de pleurer des larmes de sang en te comparant aux autres, remue-toi et sors quelque chose pour commencer. On verra à partir de là comment s'améliorer ! Mon truc pour combattre ce fichu syndrome de l'imposteuse est aussi bête que cela. Commencer, faire, se mettre en action. Regarder, évaluer. Trouver comment s'améliorer et continuer. Et qui cela intéressera dans plusieurs années, de savoir si tu as mis 6 mois, 1 an, 3 ans pour trouver ton flow quand ton contenu aura vraiment atteint ton niveau d'exigence ?

Fait que... tu l'as ouvert ton blog ?

Oui ! (Heureusement, sinon je ne vois pas bien quelle serait la morale de cet article).

Je me suis dit que j'allais faire des erreurs, que de toute façon au début personne ne me lirait (#espritdewinneuse), et que je m'améliorerais au fil du temps. Je voulais juste aider le féminisme. Apporter ma pierre à l'édifice, en essayant de faire rire avec mes anecdotes à deux balles et surtout en montrant aux femmes qu'elles ne sont pas toutes seules.


Quelques mois plus tard, en ouvrant ma boîte courriel, les messages ont commencé à tomber. Des copines à qui je n'avais pas parlé depuis des années, d'anciennes collègues de travail avec qui je n'avais gardé contact que sur Facebook :

"Hey ! J'ai lu ton blog, c'est bien toi l'autrice hein ? C'est génial !! Je ne l'ai pas lâché de la soirée ! J'ai tellement ri, je me reconnais dans plein de choses que tu dis ! Voilà je voulais juste t'écrire pour te féliciter !"

"Coucou ! C'est ton blog Les MOeufs au Plat ? Ah je le savais, j'ai reconnu ta manière de parler ! Franchement continue, ça m'a fait me sentir tellement bien ce que tu écris ! Merci !!"

Et alors là... Tu vois la chanson "This girl is on fiiiire" ?

Si ce témoignage peut t'encourager à te lancer dans un projet, tu m'en vois ravie. Et si tu as du temps à tuer, un métro qui n'arrive pas ou une panne de magazine aux toilettes, tu peux toujours te rendre sur www.lesmoeufsauplat.com !

Pauline


Merci à Pauline pour sa confiance !


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