Mes 2 accouchements : D’un accouchement traumatique à un accouchement de rêve

Mis à jour : 24 déc. 2020


Tu vois dans les films quand le bébé est sur le point de naître, et que le voisin qui passait par là accouche la femme avec une bassine d’eau et des serviettes ? Eh ben je t’annonce que ce n’est pas la vraie vie. Tous les accouchements sont différents. Certains se passent mieux que d’autres. Sandra nous raconte son vécu de femme qui a donné naissance à deux beaux bébés mais avec des accouchements complètements différents. Donne-nous ton ressenti et ton expérience en commentaire. Bonne lecture.


Petite introduction


J’ai accouché il y a 2 mois et je dois dire que je savoure la maternité. J’ai un bébé merveilleux, qui a vite fait ses nuits, un mari investi et des enfants plus grands ravis et attentionnés avec la nouvelle venue. Cette période idyllique a débuté la veille de mon accouchement, depuis mon admission aux urgences. Ce n’était pourtant pas gagné.



Accouchement 1 : des souvenirs difficiles


Je revenais de loin, car j’avais vécu un premier accouchement traumatique 9 ans plus tôt. Ça avait été très rapide et douloureux, car sans anesthésie. Je n’y avais pas du tout été préparée. Le bébé est sorti un peu raplapla et en hypothermie. On ne me l’a pas mise sur le ventre comme dans les films. Elle a de suite été emmenée et personne ne m’a rien expliqué malgré mes questions. En fait, je l’ai cru morte pendant presque 30 minutes.

Parallèlement, je faisais une hémorragie et ils ne trouvaient pas d’où cela venait. En 5 minutes, il y avait au moins 10 personnes dans la pièce alors qu’il n’y avait que le père, la sage-femme et moi. L’interne fourrait sa main dans mon utérus sans ménagement alors que la péridurale n’avait jamais fonctionné. Il a recousu ma déchirure à vif et me réprimandait parce que je fermais les jambes et criais bien évidemment. On a fini par me faire respirer un gaz qui m’empêchait de bouger et de crier, mais je ressentais toujours la douleur. Je n’oublierai jamais qu’une fois tout cela terminé, quand j’avais enfin ma fille dans mes bras, une infirmière est venue me dire que je leur avais fait perdre du temps, car j’étais trop centrée sur ma douleur. En fait ce qui a été scandaleux, c’est qu’à aucun moment, on a pris le temps de m’expliquer ce qu’il se passait.


Tout cela, je le raconte sans pleurer depuis seulement 3 ans.

Pendant 2 ans, je fondais en larmes dès que j’abordais mon accouchement sans pour autant m’en rappeler exactement. Visiblement, c’est un des effets secondaires de ce gaz que j’ai inhalé. Les souvenirs me sont revenus par morceaux et le père de ma fille m’a aidé à tout rassembler. J’en ai aussi échangé avec une thérapeute.


Annonce de Bébé 2


Je pensais donc que cette affaire était « pliée ». Mais dès que j’ai appris ma grossesse en octobre dernier, j’ai commencé à paniquer. C’était difficile à comprendre pour mon mari, il me disait « mais on a le temps pour y penser ». Je sentais que ça pourrait gâcher cet accouchement à venir et je ne le voulais pas. J’ai donc rapidement cherché des ressources.

J’ai regardé des vidéos, été à une soirée d’échanges sur les accouchements traumatiques (qui ne m’a pas du tout aidé mais plutôt fait encore plus sombrer). J’ai fini par consulter une sage-femme. Elle a proposé un rendez-vous avec mon mari pour que je puisse livrer mon témoignage et il se trouve que lui aussi avait vécu un accouchement traumatique pour son premier enfant. Cet entretien a été bénéfique, car il lui a permis de comprendre mon angoisse.

La sage-femme m’a ensuite proposé de rédiger un projet de naissance et je la remercie d’ailleurs, car elle a su parfaitement retranscrire mes peurs et mes souhaits. Elle l’a ensuite envoyé par mail à la maternité et m’a conseillé d’arriver avec un exemplaire imprimé le jour J.


Une deuxième grossesse difficile…


Mes 3 derniers mois de grossesse ont été très compliqués. D’abord à cause du contexte : décès de mon père, confinement, mariage sans invités. Mais aussi à cause de ma santé : diabète gestationnel sous insuline ingérable, hypertension, douleurs de dos, remontées gastriques, pieds gonflés et douloureux, déficit en fer et en plaquettes, fatigue extrême. Tout cela jouait beaucoup sur mon moral. Je pleurais tous les jours et donc j’attendais la délivrance pour me sentir de nouveau bien physiquement.



Le bébé avait un poids élevé et on m’a dit à 7 mois de grossesse que je serais déclenchée. A 35 semaines, après 3 passages aux urgences, j’étais en pleurs en train de supplier la gynécologue de programmer le déclenchement la semaine suivante, mais elle m’a expliqué que les poumons du bébé n’étaient pas encore matures. Et puis un jour, le rendez-vous tant attendu et la question qui nous a surpris : « Voulez-vous accoucher jeudi prochain ou le lundi qui suit ? ». Nous avions même le choix de l’heure, donc jeudi 14h.

Mais nouveau passage aux urgences le mercredi à 1h du matin pour suspicion de prééclampsie*. Au final, on m’hospitalise parce que mes plaquettes sont en chute libre.

C’était un choc mais j’ai eu une prise en charge géniale à partir de ce moment-là.

Je vous passe les détails de la journée et nous voilà jeudi matin 25 juin vers 6h30. On m’installe en salle de naissance après une nuit sous péridurale à dormir avec mon mari allongé dans un fauteuil à côté de moi. L’anesthésiste avait été très doux et prenait le temps de m’expliquer chacun de ses gestes avant et de s’arrêter au moindre de mes gémissements.


Mais finalement l’accouchement de mes rêves


J’étais donc bien en forme, mais inquiète de ne pas assurer, car je n’avais pas poussé lors de mon premier accouchement. Dès mon installation, la sage-femme a lu mon projet de naissance et est venue en discuter avec moi. Elle a entendu mes inquiétudes et m’a proposé de faire un essai de poussée avec ses explications. J’étais visiblement très douée, car elle m’a dit qu’on pouvait y aller maintenant.


C’était un accouchement tout en douceur. Nous n’étions que 3 dans la salle : la sage-femme, mon mari et moi. Une collègue devait venir l’épauler, mais il y avait d’autres accouchements. C’est donc mon mari qui l’a assistée, elle lui a même proposé de l’embaucher à la fin lol. Nous étions tous les deux en pleurs quand notre fille est sortie, j’ai vu une lueur d’émerveillement dans ses yeux que je n’oublierai jamais. J’ai eu ma fille en peau à peau sur moi pendant 2h, j’ai fait la tétée d’accueil. Mon mari a fait plus d’une heure de peau à peau ensuite.



Avec le recul, j’estime avoir eu un accouchement bien au-delà de mes rêves.

Je me souviens que j’étais parfois envieuse en regardant Baby-boom*, maintenant ce n’est plus le cas. Je suis heureuse de l’avoir vécu ainsi et surtout c’est une expérience forte que j’ai partagée avec mon mari et qui nous a soudés davantage.


J’ai envie de finir en vous disant que : quelle que soit la mauvaise expérience que vous avez vécue, il n’y a pas de fatalité et que ça peut se dépasser en se donnant les moyens. Savoir rebondir, faire preuve de résilience et continuer d’avancer : voilà la force des femmes. Girl power !


*Pré-éclampsie : La prééclampsie est une maladie qui touche les femmes enceintes. Elle survient généralement pendant la deuxième moitié de la grossesse. Elle est caractérisée par une hypertension artérielle, ainsi que par des taux élevés de protéines dans l'urine. La maladie est due à un mauvais fonctionnement du placenta. (Larousse médical)


*Baby-Boom : Émission TV où l’on suit des accouchements


Merci à Sandra pour sa confiance !


Pour aller plus loin, découvre l'article sur le Post Partum.


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Intéressée par le sujet ? Retrouve notre article sur le post partum ici, notre discussion sur le désir d'enfant avec Jaqueline, coach en désir d'enfant ici, notre live sur la parentalité ici et on parle même de famille recomposée ici !




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