Décès de mon père : Osons parler du deuil

Mis à jour : 24 déc. 2020

Mon père est décédé le 16 mars 2020

Si vous nous suivez depuis un moment sur Instagram, vous le savez déjà.

J’en parle ouvertement car c’est important pour moi de le dire haut et fort. Pour le réaliser et pour que vous entendiez que ça arrive.

Je n’ai pas « perdu » mon père. Il est mort. Les mots comptent et il ne faut pas prendre de détours.


Je n’ai jamais été aussi triste

Je suis triste. Triste comme je ne l’ai jamais été. Ne me dites pas d’être forte. Ce n’est pas ce que j’ai envie d’entendre. Dites-moi que vous comprenez, ou que vous ne pouvez pas imaginer ma douleur. Laissez-moi pleurer si j’en ai besoin : mon père est mort. Je suis passée par tellement d’émotions.

La douleur

Les premiers jours, j’étais stoïque. Les larmes ne coulaient pas. Puis des larmes de temps en temps. Puis finalement des torrents de larmes.

À mon retour à Montréal, je me souviens qu’en retrouvant mon mari, je lui ai dit :

« Je ne suis plus la même. Quelque chose est mort en moi ! »


Je ressentais tellement de tristesse, si vous êtes passées par là vous me comprenez. Pendant quelques semaines je me suis écroulée. Je pleurais parce que je me souvenais et je pleurais parce que j’avais peur d’oublier. La mort d’un proche parent remet en question toutes vos certitudes : Les gens que j’ai connu toute ma vie et/ou que j’aime peuvent – vont - mourir. J’étais angoissée. Je me réveillais la nuit pour vérifier si mon mari respirait. J’avais peur pour ma mère, pour ma sœur, pour ma nièce. J’ai compris que la partie de moi que j’ai perdue, c’est l’insouciance.


Se faire aider

J’ai souhaité parler à une psychologue pour savoir comment gérer toutes ces émotions.

Elle m’a dit quelque chose qui m’a marqué : « On ne fait pas son deuil, on le porte ».

Le deuil n’est pas un processus qui se termine un jour. On le porte toute sa vie. Au début, il vous écrase puis il devient de plus en plus léger et vous apprenez à vivre avec.

Ça m’a rassuré, je ne vais pas l’oublier.

Donner vie dans le deuil

Tout au long de ce processus, j’ai eu besoin de remplir mon esprit. Pendant mes journées avec lui à l’hôpital, je me suis mise à la calligraphie. Puis, j’ai commencé à dessiner des pots de fleurs, beaucoup de pots de fleurs.

Et il y eu vous. Coincées dans un coin de ma tête depuis quelques mois (Chut!) Les femmes parlent est né en mars 2020. Une naissance dans le deuil. Il y a ensuite eu d’autres dessins, des poèmes, des plantes, du sport et encore des dessins.

Comme un besoin de créer, de rassembler, d’embellir et de faire germer pour pallier à cette perte.


Quelques mois après, je pleure moins mais j’ai des moments de tristesse. Sa vie, sa maladie et ce qu’il aurait pu faire me reviennent souvent.

Mon père est mort, et j’ai choisi de ne pas laisser une partie de moi mourir avec lui. En tant que sa fille, je choisis de garder en vie la partie de lui qui est en moi.

Stella, fondatrice de (Chut !) Les femmes parlent


Parce que la maladie n'a pas toujours une fin tragique, retrouve le témoignage de Marie qui a combattu le cancer du sein, un exemple de courage.



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